Création et entretien d’espace vert en entreprise

La création et l’entretien des espaces verts en entreprise exigent un changement de paradigme. Aujourd’hui, la gestion ne peut plus se limiter à une tonte rase ou à quelques jardinières décoratives. Ces pratiques, fondées sur une vision du « propre » contre-nature, n’offrent aucune fonction écologique. Face à l’urgence climatique et au désengagement croissant des salariés, les organisations doivent agir localement.

La solution existe : mobiliser le foncier pour créer de véritables oasis de biodiversité.

Cette transformation poursuit deux objectifs : restaurer le vivant et offrir un cadre de travail apaisant. L’intégration de la nature est stratégique pour la résilience climatique (îlots de fraîcheur, désimperméabilisation des sols) face à des pluies plus violentes mais plus rares.

Réussir ce projet nécessite d’impliquer les collaborateurs dès la conception. Les salariés attendent du « concret » et des valeurs long terme. En co-créant ces « jardins naturels » l’entreprise répond aux enjeux de QVCT et de RSE par l’engagement collectif. Les collaborateurs participent à la création d’écosystèmes résilients en équipe.

Donc, à travers cet article, nous découvrirons comment passer d’un espace vert classique à un jardin naturel, refuge pour la faune et source de bien-être.

Pourquoi créer le jardin vivant pour vos espaces extérieurs ?

Les bénéfices écologiques des jardins vivants

Transformer ses espaces verts en jardin vivant est une réponse directe aux défis climatiques de la région Auvergne-Rhône-Alpes. En effet, cette zone est particulièrement touchée par les périodes de fortes chaleurs. Et contrairement aux aménagements minéraux, un espace végétalisé intelligemment permet de :

Améliorer la gestion des eaux de pluie : Un sol vivant est perméable permet de limiter le ruissellement et favorise l’infiltration dans les nappes phréatiques. En période de précipitations intenses, fréquentes en région montagneuse et lyonnaise, le jardin vivant agit comme une éponge. Il permet à l’eau de s’infiltrer plus facilement dans le sol et donc les nappes phréatiques. En plus de réduisant la charge sur les réseaux d’assainissement urbains et sécurisant les abords du site.

Créer des refuges pour la biodiversité : En plantant des essences locales, vous contribuez à accueillir les pollinisateurs, oiseaux… afin de créer un écosystème résilient. En choisissant des espèces indigènes et variées (comme le fusain d’Europe, chêne vert, érable plane…), nous garantissons une meilleure résistance aux maladies et de la nourriture pour la faune et la flore locale. Effectivement, les espèces exotiques ou horticoles (décoratif) ne sont pas adaptées pour la biodiversité indigène.

Connecter les trames vertes et bleues : Ce sont des corridors écologiques (zones de passage de la faune) où les espèces circulent plus facilement car leurs habitats sont moins fragmentés. La trame verte fait référence aux milieux naturels et semi-naturels terrestres. Alors que a trame bleue fait référence aux milieux naturels et semi-naturels aquatiques (fleuves, étangs, zones humides etc.) L’entreprise renforce son ancrage territorial en participant au retour du vivant et s’inscrit dans la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB 2030).

Favoriser les services écosystémiques : La nature nous rend des services comme la pollinisation, la réduction du stress, la régulation de l’eau etc. Sans cela, notre existence même serait compromise. Alors, il est nécessaire d’encourager le retour du vivant afin de pouvoir vivre en tant que société.

Lutter contre les îlots de chaleur : Afin de lutter contre la chaleur les plantes utilisent un mécanisme ingénieux : l’évapotranspiration. Le GIEC a estimé que lors de fortes chaleurs, l’évapotranspiration et l’ombre des arbres pouvaient réduire la température ressentie en ville de 2°C.

Un levier puissant de cohésion et de RSE

Au delà de l’aspect environnemental, les jardins vivants peuvent être un atout majeur pour fédérer les équipes. De fait, c’est un nouvel environnement qui s’ajoute à votre entreprise. Cela attise de la curiosité, créer des discussions et des rencontres.

Pour les collaborateurs, ce sera l’occasion de profiter du soleil, s’aérer l’esprit et favoriser :

Action RSE concrète : Il est souvent reproché au service RSE de n’avoir que des actions de surface ou qui n’ont pas d’impact immédiat. Cependant, réaliser un jardin vivant est une initiative tangible où les parties prenantes internes de l’entreprise peuvent utiliser.

La cohésion des équipes : Se retrouver en extérieur pour faire une pause ou une réunion informelle apporte de nouvelles dynamiques. Travailler au contact de la nature permet d’être plus créatif et d’apaiser les tensions.

La valorisation de la marque employeur : Un engagement concret pour le vivant permet de se différencier vis à vis des concurrents et permet ainsi d’attirer et de fidéliser les talents soucieux de l’impact environnemental de leur employeur.

Le bien-être : Les services écosystémiques ont un impact direct sur le stress et les relations entre salariés. Un environnement végétalisé réduit les facteurs d’anxiété et apaise les tensions entre salariés.

Création et entretien d'espace vert en entreprise

Comment réussir la création et l’entretien écologique ?

La co-construction et les chantiers participatifs

Impliquer vos équipes dans la démarche est un facteur clé de succès. En effet, la création d’un espace vert vivant offre une expérience collective. Ainsi, cela permet de mieux connaître la nature et donne envie de la préserver, tant dans son quotidien que dans ses missions professionnelles.

Le passage à l’action physique est un puissant levier de transformation. De fait, mettre les mains dans la terre, observer la faune ou l’importance d’une fleur sauvage change radicalement la perception des espaces extérieurs.

En impliquant vos équipes dès la phase de conception, vous créez un sentiment d’appartenance. Les collaborateurs deviennent alors ambassadeurs en interne de ce nouvel aménagement dont ils sont les « architectes ». Le jardin devient un lieu de rencontre informel qui brise les silos, réduit le stress et améliore le cadre de travail.

Ce type de projet collaboratif est l’occasion parfaite pour réaliser des :

Teambuildings biodiversité : Créer des temps défis entre équipes grâce à la biodiversité lors d’un chantier.

Ateliers de co-création : Identifier ensemble en amont du chantier, les usages souhaités des nouveaux aménagements, les essences à planter et la disposition du mobilier.

Chantiers de plantation : Contribuer en équipe à la plantation et la création d’habitats pour la faune (haie sèche/bocagère, abris à insectes…).

L’entretien écologique avec la gestion différenciée

L’entretien est la clé de voûte d’un espace vert qui reste accueillant et pérenne. Pour réussir cette tâche, nous prônons une approche respectueuse du vivant qui s’aligne sur le rythme de la nature plutôt que de chercher à la contraindre.

Il est aujourd’hui impératif de repenser nos méthodes : les écosystèmes sauvages n’ont jamais eu besoin de tondeuses ou d’insecticides pour prospérer. Au contraire, une intervention humaine trop systématique fragilise les cycles naturels. Cependant, la réalité d’un site d’entreprise impose des contraintes : on ne peut pas tout laisser pousser au risque d’entraver l’activité, la sécurité ou l’accessibilité.

C’est ici qu’intervient la gestion différenciée. Son principe est simple mais puissant : « Entretenir autant que nécessaire, mais aussi peu que possible ».

On définit des zones de prestige (accueil) où l’entretien est plus régulier, et des zones naturelles où le vivant s’exprime librement. De l’autre, nous laissons place à des zones naturelles et de libre évolution, où la biodiversité peut s’exprimer librement. En adaptant l’intensité des entretiens selon l’usage de chaque parcelle, nous créons un équilibre entre un cadre de travail naturel et des habitats pour les espèces.

Voici quelques exemples d’actions indispensables à mettre en place :

  • Zéro phyto : Utilisation exclusive de méthodes naturelles pour garantir la santé des sols et des usagers (loi n° 2014-110 du 15 janvier 2021 « Loi Labbé – Zéro phyto »). Le lien entre pesticides et l’extinction de la biodiversité et l’impact sur la santé humaine est totalement avéré. Il est essentiel de faire attention à l’usage de produit chimique pour le vivant.
  • Tonte raisonnée et fauche tardive : Tondre ou faucher de manière plus tardive afin de permettre aux cycles de vie de la faune et de la flore de s’accomplir. Aujourd’hui, il est de plus en plus commun pour les entreprises de laisser des zones enherbées pousser d’elles mêmes et de les couper le plus tard possible. Ainsi, ces espaces deviennent des habitats, abris et lieux où la faune peut venir se nourrir.
  • Paillage et compostage : Recycler les déchets verts sur place pour enrichir la terre et limiter l’arrosage (broyage du bois, export de la tonte au pied des arbres…). Par exemple, c’est très utile pour limiter l’arrosage lors du printemps et de l’été.
  • Zone du site en libre évolution : Laisser des parcelles du site vierges de toute intervention humaine afin de laisser les cycles naturels se réaliser. La biodiversité est au meilleur de sa forme lorsqu’elle est n’est pas contrainte. La volonté de contrôle incessant de l’Humain impact les écosystèmes même lorsqu’il n’est pas nécessaire.
  • Guide de gestion sur mesure : Pour assurer la pérennité du projet, il est nécessaire de suivre un document formalisant l’entretien écologique à effectuer. Ainsi, les bonnes pratiques continues et ne se perdent pas malgré le changement d’équipes ou de prestataires.

Au-delà d’une simple tendance paysagère, la transformation de vos espaces extérieurs en jardins vivants marque l’entrée de votre entreprise dans l’ère du régénératif. Nous ne sommes plus à l’époque où la responsabilité environnementale se limitait à réduire des nuisances ; il s’agit désormais de produire un impact positif, concret et visible depuis les fenêtres de vos locaux.

En choisissant de laisser place au vivant tout en créant des lieux de rencontre, vous envoyez un signal fort à vos équipes. En effet, vous leur offrez bien plus qu’un cadre de travail ; vous leur dédiez un endroit propice à la déconnexion tout en étant proche du vivant. De plus, lorsque vous impliquez les salariés dans la co-construction de ces espaces, vous transformez un simple lieu de passage en un projet collectif porteur de sens. Ces espaces extérieurs subliment la cohésion, brise les silos et réduisent le stress.

Lorsque vous investissez dans un jardin naturel sur votre site, vous vous engagez pour la résilience face aux aléas climatiques. De fait, face aux étés caniculaires qui frappent la région Auvergne-Rhône-Alpes et aux épisodes de précipitations imprévisibles, le jardin naturel est un allié pour parer ces évènements. De plus, en restaurant les services écosystémiques, votre foncier devient plus robuste, et est capable d’absorber les chocs thermiques et hydriques tout en valorisant votre image de marque.

Passer de l’espace vert classique au jardin naturel est une expérience passionnante qui nécessite de l’implication, de la pédagogie et de l’expertise. C’est un engagement long terme qui prouve que la RSE n’est pas qu’un rapport annuel de plus. C’est une réalité quotidienne, concrète et vécue. Elle s’observe au retour des oiseaux, des insectes et aux discussions entre collègues lors de pauses ou de réunions.

Les extérieurs de votre entreprise cachent un potentiel pour la biodiversité et l’humain qui ne demande qu’à s’épanouir. Plutôt que de simples surfaces tondues à entretenir, faisons-en des lieux d’échanges et de partage, où le chant d’un oiseau vient ponctuer des moments conviviaux entre collègues.

Retrouvez d’autres articles sur le sujet

Retour en haut